La vie doit continuer…

Suis-je la seule qui commence à être désespérée à force d’entendre parler de la grève ? Qui commence à penser que le thème des conflits entre les étudiants et le gouvernement a été amplement exploité et qu’il y a suffisamment de contenu pour en faire un cours d’histoire au secondaire? D’avoir l’impression que le monde entier tourne autour de cette situation chaotique qui donne la vague impression d’un retour de cinquante ans en arrière? Qui aimerait que notre gouvernement corrompu passe à autre chose plutôt que d’essayer de justifier leurs points de vue avec une main de fer?

Depuis le début du conflit, nous avons été harcelés par toutes les sources d’informations possibles et inimaginables concernant les opinions des divers intervenants dans le débat. Nos profils Facebook sont tapissés, jour après jour, d’articles de presses ou de vidéo qui concernent le sujet. Tout le monde a donné son opinion sur la question. Pourtant, même si le sujet du conflit est toujours aussi noble, la patience du peuple commence à être épuisée.

Dans les dernières semaines, nous avons assisté à une montée en flèche de la colère des manifestants à propos de la Loi 78. Si j’arrivais tout droit de mars aujourd’hui, je pourrais croire que le Québec est rendu un pays avec un gouvernement totalitaire, qu’on est en Palestine ou que c’est le festival du tamtam dans les rues, je ne sais pas trop lequel choisir.

Le conflit a pris une si grande ampleur qu’on a presque oublié que le monde avait continué à tourner. Saviez-vous que depuis le début de cette grève il y a eu d’autres grandes nouvelles ou évènements marquants qui méritent d’avoir une certaine attention? Par exemple, Sarokzy n’est plus le président de la France, Facebook est rendu à la bourse, le CH a un nouvel entraîneur, Bon Jovi sera au festival d’été de Québec cet été, Angelina et Brad ont annoncé qu’ils vont se marier, Dany d’occupation double s’est fait arrêter et j’en passe…
Finalement, j’en viens à poser une question qui perturbe tout le monde mais qu’on gère comme un éléphant dans la pièce : c’était quoi cette histoire d’utilisation de forces excessives de la part des policiers? Je vais aller voir sur mon profil Facebook, je suis certaine que j’ai 25 articles sur le sujet qui m’attendent pour m’éclairer sur la situation.

Vous avez beau être pour ou contre la hausse des frais de scolarité, vous ne pouvez pas être indifférent à la situation actuelle que connaît le Québec dans le contexte de cette crise qui sévit depuis des mois et qui monopolise tous les médias. Cependant, je crois qu’il est grand temps que la situation se règle avant que ça ne dégénère encore plus (comme si c’était possible)…

Espérons que les dernières négociations porteront fruit…

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Comment je suis tombée en amour avec l’Afrique?


Certains affirment que c’est en croisant le regard d’un lion qu’on tombe en amour avec l’Afrique… moi je dirais que c’est lorsque je l’ai aperçu, étendu dans un pâturage avec sa douce, que j’ai connu ce sentiment. Même si je n’ai pas eu la chance de croiser le regard de ce géant, j’ai tout de même été conquise. Nous l’avons observé pendant près d’une heure, pendant qu’il se prélassait au soleil. Bien qu’il fût au courant qu’il était observé, il ne semblait pas indisposé par notre présence, il s’est même permis à quelques reprises d’aller faire son devoir de mâle au désarroi de la femelle. Avec une crinière semblable à une couronne de roi, il semblait tout de même peu âgé et l’absence de cicatrice sur son corps permettait de supposer qu’il n’avait toujours pas défié le mâle dominant du territoire pour prendre sa place. Il était comme un adolescent avec sa copine qui profitait du bon temps au soleil, par un samedi après-midi, avant de prendre au sérieux ses devoirs d’adultes. Cette vision valait, à mes yeux, tout l’or du monde. C’était mon rêve, depuis ma plus tendre enfance, de rencontrer le roi de la jungle. Même si le terme “roi de la jungle” est erroné étant donné que les lions ne vivent pas dans la jungle mais bien dans la savane africaine, j’ai tout de même compris d’où venait l’adjectif roi car, je dois l’avouer, il avait l’allure d’un roi.

Nous avons parcouru le parc pendant près d’une semaine à sa recherche avant de finalement le trouver. Après déjà quelques jours à parcourir les routes à la recherche de vie, je commençais à me sentir comme un prédateur affamé à la recherche d’une proie. Mes yeux avaient commencé à détecter le moindre mouvement à plus de 100 pieds du véhicule en mouvement. Une simple queue dansante dans une branche d’arbre située de l’autre côté d’un cours d’eau captait mon attention en moins d’un clin d’œil. Dans un endroit pareil, il faut réagir vite si on veut avoir des clichés à montrer à nos amis au retour de voyage. Les antilopes et les hippopotames faisaient partis du décor et nous étions rendus trop blasés pour nous arrêter pour les observer. Ce que nous recherchions était simple : c’était les « big five ». Le terme « big five » est utilisé pour nommer l’éléphant, le léopard, le buffle, le rhinocéros et le lion. Il a été inventé pour parler de ces mammifères car il s’agissait des cinq plus craints et respectés par les chasseurs de fauves. Ils étaient, et sont toujours, les plus difficiles et dangereux à chasser. Heureusement pour nous, ils étaient au rendez-vous malgré la difficulté de tous les dénicher. Le fait que j’ai réalisé ce voyage pendant le mois d’octobre, donc le début du printemps dans l’hémisphère sud, aura certainement favorisé leur observation en raison de l’absence de feuilles dans les arbres.

Je n’aurais pas cru avoir autant de difficulté à les voir, surtout pas le lion. Je pensais que le lion était omniprésent, qu’il était partout, je ne sais pas à quoi je pensais. Le plus grand prédateur de la savane est maintenant proche de l’extinction, voilà ce qui explique sa gêne à se montrer. Notre guide nous a informés que, depuis déjà plusieurs années, la population est en déclin et qu’il est de plus en plus difficile d’en croiser dans le parc. Nous avons donc été chanceux. Avec seulement 20 000 individus toujours en vie sur tout le continent africain, sa survie est en péril.

En prenant la décision d’aller en Afrique du Sud, je n’avais jamais pensé vivre l’expérience que j’ai vécue. J’avais déjà visité plusieurs pays en développement, vu d’autres réalités, connu d’autres cultures, mais jamais je n’avais vu un pays avec autant de contradictions. Ce n’est pas seulement mon expérience dans la brousse qui m’a conquise mais plutôt toute mon expérience en tant que jeune naïve de pays riches en sol africain. Je suis tombée en amour avec ce pays pour sa beauté, pour sa biodiversité mais également pour ses défauts qui m’ont permis de prendre conscience d’une problématique qui va bien au-delà de mes petits problèmes qui préoccupent ma vie trop facile. Ses défauts sont le résultat d’une injustice sociale et sont les contrecoups d’une ségrégation raciale qui a duré beaucoup trop longtemps.

J’ai entrevu ce qu’est l’Afrique mais également ce qu’elle pourrait être à travers le regard des Sud-Africains qui ont subi l’oppression. Les blessures du peuple ne sont pas encore pansées et, avec près de 5,7 millions de personnes atteintes du VIH dans le pays, il n’est pas sans dire que les problèmes ne sont pas finis d’être réglés. Pourtant, l’Afrique du Sud est un des plus beaux pays du monde qui ne décevra certainement pas les voyageurs désireux de découvrir ses merveilles.

Cette année, c’est au Japon que je tenterai de découvrir de nouvelles splendeurs. J’imagine que ce pays en a également beaucoup à m’apprendre avec sa culture riche, ses paysages à couper le souffle et sa capitale de 38 millions d’habitants.

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Jeu d’orgueil?


Un miracle s’est produit hier : les organisations étudiantes et le gouvernement ont convenu d’une entente de principe pour cesser le conflit qui sévit depuis trop longtemps. Après près de trois mois de grève, pendant lesquels madame la ministre semblait jouer à l’autruche, il était plus que temps que les choses se règlent! La situation des dernières semaines, qui ressemblait plus à un jeu d’orgueil plutôt qu’ à un débat concernant l’égalité de l’accès à l’éducation, ne laissait pourtant pas présager qu’une entente pourrait voir le jour de sitôt. Il faut comprendre que madame Beauchamp était au pied du mur. En effet, la date limite pour sauver la session hivernale étant imminente, une entente entre les divers intervenants était plus que nécessaire.

Lorsque même un ancien ministre de l’éducation, Jean Garon, remettait en question la pertinence de madame Beauchamp au pouvoir, c’est qu’il y avait bel et bien un problème aux commandes. Le ministère de l’Éducation semblait voguer sans pilote depuis quelques mois, et c’est peu dire. Dans une lettre au ton réprobateur, l’ancien ministre ajoutait que madame Beauchamp aurait peut-être dû faire ses devoirs avant de tenir tête aussi longtemps aux manifestants pour finalement prendre en considération certain de leurs points qui font du sens. En effet, elle a réalisé, il y a tout juste une semaine, que la demande des associations étudiantes de demander aux recteurs des universités de rendre publiquement des comptes sur leur gestion faisait du sens. Il me semble que, pour le commun des mortels, il était évident qu’il fallait commencer par le haut de la pyramide afin de faire des économies dans le système de l’éducation avant de demander aux étudiants, qui sont souvent moins fortunés, de se serrer la ceinture.

Et puis on dira ce que l’on voudra mais, les étudiants, ils ont le droit d’avoir des téléphones intelligents et des voitures car le débat n’était pas là! Il ne s’agit pas de décider si les jeunes ont le droit de se procurer des biens de luxe pendant leurs études mais plutôt de justifier des hausses de frais de scolarité qui sont excessives. L’insulte suprême dans cette situation chaotique est que le gouvernement n’a même pas tenté de faire une meilleure gestion de l’argent déjà disponible dans le système d’éducation. Il serait donc grand temps qu’on cesse de pointer du doigt des points inutiles qui ne feront pas avancés les choses car, au moins, ces étudiants fortunés ont une tête sur les épaules, ils se battent pour une cause qui leur tient à cœur et ils savent souvent mieux se comporter que les adultes au pouvoir!

Et que faisait donc le premier ministre à part des blagues au détriment des étudiants pendant cette situation chaotique? Chose certaine, les libéraux ne se seront pas fatigués à se creuser la tête pour trouver des solutions à cette crise. J’imagine qu’ils avaient leurs raisons mais, voilà, je ne les trouve pas. L’attitude des libéraux dans cette situation a été pour le moins troublante car, depuis le début du conflit, ils ne semblaient pas très intéressés à régler la situation. Essayaient-ils de faire passer les étudiants pour les mauvaises personnes et ainsi détourner l’attention de tous leurs autres scandales?

Peu importe l’issu de cette grève il y aura au moins une chose de positif : les leaders des organisations étudiantes se seront fait un beau capital politique pour avoir si bien représenté les étudiants en grève. Il ne reste plus qu’à voir si les membres des associations étudiantes accepteront l’offre offerte par le gouvernement.

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Amour de jeunesse

Quel plaisir, quel bonheur que de retomber sous le charme d’un amour de jeunesse. J’ai eu le plaisir de vivre ce bonheur, vendredi dernier, à Montréal. Sous les feux des projecteurs de toutes les couleurs, accompagnés d’un orchestre de cordes, Death Cab for Cutie aura donné une prestation unique dans un décor ecclésiastique que leurs fans, dont moi-même, se souviendront longtemps. L’ambiance était parfaite dans ce lieu de culte dont tous les sièges, sans la moindre exception, avaient trouvé preneur. Pour ma part, j’ai repris mon histoire d’amour avec ce groupe de musique qui aura certainement marqué et influencé mon adolescence rocambolesque.

Depuis déjà plusieurs années que je croyais que nos chemins s’étaient séparés. J’avais cessé d’écouter leur répertoire mélodique et rythmé sous le prétexte que je ne me reconnaissais plus dans leur musique. Je pensais que nos chemins s’étaient séparés de façon irréversible, comme c’est souvent le cas. C’est avec le plus grand bonheur que j’ai pu constater que j’avais tort : leur musique et ma personne avons grandis de façon séparée pour mieux se retrouver. C’était donc avec une oreille différente de celle que j’avais lorsque j’étais encore très jeune que j’ai redécouvert ce groupe au talent certain.

Le quatuor aura profité de l’occasion pour présenter un éventail de leur répertoire, en passant par le très apprécié « Transatlanticism », en jouant les grands classiques de « Plans » et en touchant également au dernier opus « Codes and keys ». Le choix musical fût donc très apprécié du public, du moins des fans de longue date. Même si à l’occasion la voix de Ben Gibbard pouvait sembler étouffé par le volume élevé des douze instruments présents sur la scène, sa justesse était au rendez-vous et la qualité du spectacle n’a pas ressentie les contrecoups.

La prestation que nous a livrée Death Cab for Cutie dans cette église cette soirée-là dépassait, d’après mon humble avis, toutes les attentes de la part d’un groupe indie-rock accompagné d’un orchestre dans un décor d’église. Je dis donc que ce n’est qu’un au-revoir et que mon iPhone va sûrement saturer mes oreilles de leur musique en attendant leur prochaine visite!

Sur ce, j’en profite pour faire un clin d’œil à la prodigieuse programmation du festival d’été de Québec qui vient tout juste de sortir pour l’été 2012. Je ne serai probablement pas la seule à retomber sous le charme d’un amour de jeunesse avec des invités tels que Bon Jovi, Our Lady Peace, Offspring, Aerosmith, pour ne nommer que ceux-là. Je crois que nous en aurons tous pour notre argent durant ces deux semaines qui seront certainement très intenses, et ce à tous les niveaux.

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Dame nature en ménopause?

On se serait cru en pleines vacances de la construction en ce lundi 16 avril 2012. À trois heures de l’après-midi, le mercure indiquait 27 degrés Celsius à l’aéroport Jean-Lesage, soit 6 degrés de plus que l’ancien record de chaleur datant de 1958. Tandis que les propriétaires de terrasses jubilaient de bonheur, les propriétaires et gestionnaires d’attractions hivernales mangeaient leurs bas. La glace au colisée Pepsi fondait à vue d’œil avec la chaleur qu’il faisait dans l’amphithéâtre pendant un match de la série éliminatoire des Remparts. Situation normale pour cette période de l’année ou est-ce que dame nature serait en ménopause?

La neige ayant disparu de nos terrains depuis déjà plusieurs semaines, cette journée du mois d’avril affichait des scènes estivales plutôt qu’un décor printanier. Cette tournure des évènements fait certainement des heureux mais, pour ma part, je me questionne quant à savoir ce qu’il s’est passé avec notre hiver québécois? Où sont passés mes 4 mètres de neige sur mon terrain qui prend des mois avant de disparaître complètement? Et où est donc passée cette fameuse tempête de neige du mois d’avril qui perturbe chaque année les petits pressés qui ont mis leurs pneus d’été trop tôt? Est-ce que nous devons nous inquiéter de ces températures anormalement chaudes en début de printemps?

J’entends souvent, à ma plus grande exaspération, des individus affirmer que c’est tant mieux si la terre se réchauffe car on va avoir du temps plus doux au Québec, au diable les pays qui sont déjà chauds avec leurs problèmes. Ces mêmes inconscients affirment souvent que toutes ces vagues de chaleurs et phénomènes climatiques extrêmes que nous connaissons depuis le début du nouveau millénaire ne sont certainement pas reliées au réchauffement climatique. Je préférerais me dire que c’est le cas, que le réchauffement climatique n’est qu’un mythe pour faire trembler de peur l’humanité, mais ce ne l’est malheureusement pas. J’imagine qu’ils ne savent pas que, si la tendance se maintient, New York et beaucoup d’autres villes pourraient disparaître de la surface du globe avec l’augmentation du niveau de la mer due à la fonte des glaciers. Je n’ose même pas imaginer ce qu’il va se passer avec les écosystèmes sensibles, notamment les récifs de coraux. Je sens ici les reproches concernant mon approche trop alarmiste mais il ne faut pas se fermer les yeux sur les impacts de ce réchauffement sur l’ensemble du globe.

Des spécialistes du climat, connu sous le nom original de climatologues, affirment que les vagues de chaleur record que nous connaissons ne se seraient probablement pas produites si la terre n’était pas en train de se réchauffer. Ces chercheurs signalent que plusieurs évènements extrêmes de la dernière décennie ne se seraient pas produits si le phénomène de réchauffement climatique dû à l’action humaine. Il est estimé qu’il y aurait eu une augmentation de 30% des canicules en Europe et qu’il y aurait deux fois plus de records de chaleur que de records de froid en Australie et aux États-Unis en raison du phénomène de réchauffement. De plus, la vague de chaleur que le Québec a connue au mois de mars dernier serait également due au réchauffement climatique. En bref, notre belle grosse planète bleue se transforme en patate chaude.

Certes, nous ne pouvons expliquer tous les maux de la terre par le réchauffement climatique mais il est important de garder en tête que ce réchauffement est déjà à nos portes et qu’il est inévitable, cessons donc de nous rentrer la tête dans le sable.

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Bonne nuit pays imaginaire…

Qu’est-ce qui vous fait le plus peur ou le plus de peine dans le fait de vieillir? Est-ce que c’est de constater que votre physique change? D’avoir commencé à aimer les postes de radio que vous détestiez étant jeunes? De réaliser que votre naïveté a laissé place au doute? De constater que vos valeurs et intérêts ont changé, que les groupes de musiques qui vous faisaient vibrer lorsque vous étiez jeunes ne vous rejoignent plus? De réaliser que vous avez perdu contact avec vos amis inséparables de votre adolescence? De constater que vous allez inévitablement perdre un jour ou l’autre des gens qui vous sont chers?

Pour ma part, je réponds oui à toutes ces affirmations. Ces faits sont ma réalité. Il ne s’agit pas d’une triste réalité, loin de là, mais je suis aux prises avec une nostalgie de cette jeunesse qui s’est envolée trop vite. Je ne considère pas le fait de vieillir comme un châtiment en soi mais il m’apparait évident qu’il faut apprivoiser ces changements, chose que j’ai clairement de la misère à mettre en branle. Je viens de ce pays imaginaire où les adultes n’existent pas, où les pensées heureuses nous permettent de voler et où les fées clochettes existent. Je me sens parfois comme un enfant perdu dans ce monde de responsabilités et de rôles. À l’occasion, j’aurais juste envie de me faire une cabane avec les coussins de mon divan et d’y passer mes journées, comme dans le temps. Ma naïveté s’est estompée, ma folie semble s’essouffler. Je continue de chercher ma place dans une société trop bien réglée où j’ai l’impression que tout le monde avance à une vitesse effrénée sauf moi. J’ai l’impression d’être dans la marge de ce tracé déjà dessiné.

Lorsque je m’arrête pour y penser, je réalise que nous vivons tous ces changements, que nous apprenons, à notre rythme, à devenir la personne que nous serons, à devenir cet adulte au cœur d’enfant, ce salarié rêveur, et, éventuellement sûrement, à devenir les parents protecteurs que nous serons. Pour ma part, je quitte tranquillement un monde de Calinours, un monde de naïveté et de simplicité, pour joindre le monde des grandes personnes. Dans ce monde, nous sommes les seuls responsables de la personne que nous serons, des valeurs que nous aurons, du message que nous transmettrons au reste du monde. Nous devons y apprendre à vivre avec nous-mêmes mais surtout à agir de façon à respecter la personne que vous serez. Vieillir n’est pas une punition en autant que l’on sache qui nous voulons devenir et ce que nous sommes prêts à faire pour le devenir. De grâce, ne vous perdez pas en cours de route.

Sur ce, je dis au revoir à ce pays imaginaire, à cette naïveté, à cette douce folie et pureté que seul un enfant peut connaître afin de regarder vers l’avenir avec l’espoir d’être à la hauteur de mes attentes.

Bonne nuit pays imaginaire…

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Pour ou contre?

Étant depuis peu de retour sur les bancs d’école, question d’ajouter un peu de stress à ma routine quotidienne déjà bien chargée, je me retrouve en plein feu de l’action étudiante avec la grève contre la hausse des frais de scolarité. Pour être franche, je me suis demandée pendant longtemps si j’étais « pour » ou « contre » cette grève qui est, semble toute, notre seule moyen en tant que simple citoyen ou étudiant de manifester notre désaccord. Après tout, cette grève, qui sévit déjà depuis plusieurs semaines, est peut-être notre dernière chance pour éviter de nous transformer en grosse citrouille ou en véritable « province of Canada ».

On entend toute sorte de chose à propos de la grève et j’ai essayé de me faire une opinion juste et objective sur la question. À vrai dire, j’étais pas mal ambivalente sur le sujet jusqu’à la semaine dernière, quand je me suis mise à me poser les vraies questions et à me demander quelles étaient mes valeurs. Est-ce qu’on veut que notre gouvernement investisse dans le Plan Nord, dans les grandes entreprises, dans les fonds de retraite de leurs fonctionnaires ou on veut qu’il investisse dans l’éducation? Est-ce qu’on veut continuer à encourager les écarts entre les classes ou est-ce qu’on veut l’égalité d’accès à l’université pour tous les citoyens de notre nation?

J’en suis donc venue à une conclusion: qu’il ne faut pas que les frais de scolarité augmentent, du moins pas plus drastiquement que l’inflation du coût de la vie lui-même. Un des points forts des “pros-haussistes” est qu’il faut rattraper notre retard par rapport aux autres provinces canadiennes. Je dis que c’est de la foutaise parce que nous payons plus de taxes et plus d’impôts et, de toute façon, nous n’avons jamais voulu nous comparer aux autres provinces du Canada, pourquoi commencer maintenant?

Voulons-nous en tant que société diminuer les chances d’accès à l’université aux moins fortunés en augmentant les frais de scolarité? Ne me dites-pas que vous croyez encore qu’une augmentation des frais de scolarité n’aura aucune incidence sur l’accessibilité à l’éducation parce que des études ont démontré que partout où des hausses de frais de scolarité ont été observées, il y a eu une diminution du nombre d’étudiants, notamment dans les classes les plus défavorisées.

Certaines personnes « contre » la grève m’ont dit que les personnes « pour » n’étaient que des hippies qui étudiaient dans des programmes avec peu de perspectives d’emplois et que c’était pour cette raison qu’ils chialaient. Mais quelle stupidité et ignorance! Tous ceux que je connais qui sont « pour » la grève ont étudiés ou étudient dans des programmes aussi en demande que les sciences et génies et même en médecine. Je ne crois pas qu’ils vont avoir de la misère à se placer en sortant de leurs études… ils ont juste une tête sur les épaules et sont concernés par les vrais enjeux de cette problématique. J’irais même jusqu’à dire qu’ils sont altruistes et qu’ils ont une conscience sociale en voulant revendiquer les droits des générations futures.

Lorsque j’entends des stupidités de la part des « pros-haussiste » du genre : notre système d’éducation va s’améliorer avec l’augmentation des frais de scolarité, on va devenir compétitif à l’international, j’ai juste envie de leur répondre : aller lire les statistiques, vous allez constater qu’une université n’a pas besoin d’être payante pour être compétitive sur le plan international. En effet, toutes les universités danoises (qui sont pourtant gratuites) se retrouvent sur le palmarès des meilleures universités du monde en termes de citations de recherche. Dans le fond, j’en comprends que c’est un choix de société, de décider où vont nos impôts et nos taxes!

Et cessons de penser que les prêts et bourses vont tout régler. La majorité des étudiants n’ont pas accès à cette aide financière et la classe moyenne, qui regroupe la majorité des étudiants, n’aura pas plus de bourses mais seulement plus de prêts ce qui implique un endettement supplémentaire ou tout simplement plus d’heures de travail aux dépends de leurs études pour ces laissés-pour-compte.

Cependant, je dois avouer que je suis viscéralement contre les actions désorganisées menées par des simples d’esprits qui font perdre de la crédibilité à notre mouvement qui nous est si cher. Je pense notamment à ceux et celles qui ont bloqués l’accès à l’édifice Price dans le but de prendre un café avec le premier ministre… ou à celle qui s’est promené les seins nus pendant la manifestation du 22 mars afin, selon les écrits sur sa poitrine, d’attirer l’attention pour les négociations.

L’augmentation des frais de scolarité c’est encore une autre belle façon pour notre merveilleux gouvernement d’écraser les plus faibles, ceux qui n’ont pas encore de pouvoir, plutôt que de s’attaquer aux industries multimilliardaires qui s’enrichissent sur notre dos. Pour ma part, je serai à peine toucher par cette augmentation, ce n’est donc pas pour ma petite personne que je veux m’affirmer mais bien pour les générations futures, pour leur montrer où étaient nos valeurs de société à l’aube du 21e siècle. Continuons de montrer notre désaccord tout en gardant une certaine crédibilité, nous aurons certainement de quoi être fiers, peu importe l’issu de ce débat.

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Qui sommes-nous?

Qui sommes-nous? Sommes-nous ce que nous mangeons, ce que nous voyons, ce que nous vivons ou le résultat de la combinaison d’influx nerveux et de réactions neurochimiques? Est-ce que notre bonheur tient seulement à nous ou également à notre génétique? Est-ce que certains traits de notre personnalité étaient déjà programmés en nous ou est-ce notre environnement qui nous a permis de les développer. Avons-nous le choix d’être la personne que nous sommes ?

La réponse à toutes ces questions n’est pas très exotique : nous sommes le résultat combiné des effets de notre environnement et de notre bagage génétique. Depuis plusieurs années, des scientifiques se posent ces mêmes questions et tentent d’élucider un des plus grands mystères de la vie en étudiant les différences et ressemblances entre des jumeaux ou jumelles identiques ayant été séparés à la naissance. Ces jumeaux sont des sujets parfaits pour étudier l’impact de l’environnement et de la génétique sur le développement d’un être humain. En effet, ces individus proviennent d’un même œuf fertilisé qui s’est scindé en deux, leur code génétique est virtuellement identique. Ainsi, en théorie, les différences observables entre ces individus s’expliqueraient par l’environnement. Ces jumeaux identiques ont été élevés, pour la plupart, dans des environnements différents. Fait intéressant : leur évolution dans des environnements différents ne semble pas avoir créé des différences notables dans leur comportement ou dans leurs intérêts.

Malgré le vieil adage qui dit que le développement de notre personnalité est influencé à 50% par notre environnement et l’autre 50% par notre bagage génétique, ces recherches ont démontrés qu’au contraire, notre environnement aurait une importance beaucoup moindre que celle qu’on lui accorde.

Le meilleur exemple pour montrer l’importance de la génétique dans notre développement serait celui des jumeaux identiques Jim séparés à la naissance. Lors de leur retrouvaille à l’âge de 39 ans, ils ont constatés des ressemblances pour le moins troublantes. En effet, à 39 ans, les deux hommes mesuraient et pesaient le même poids, soit 6 pieds et 180 lbs. Les deux hommes avaient déjà eu un chien nommé Toy et les deux avaient mariés et divorcés des femmes du même nom, soit Linda, et le nom de leur deuxième femme était toutes les deux Betty. Chacun avait un fils du même nom, James Alan et James Allan, les deux étaient shérifs à temps partiel, buvaient la même sorte de bière (Miller Lite), fumaient la même marque de cigarettes (Salem) et souffraient de sévères migraines.

Des études effectuées sur plusieurs autres jumeaux identiques ont également démontrées que l’intelligence était héréditaire, c’est-à-dire que pour des individus ayant été élevés dans des mieux identiques avec les même opportunités, il n’y a pratiquement aucune corrélation pour les tests d’intelligence tandis qu’il existe une forte corrélation entre les jumeaux identiques élevés dans des milieux complètement différents.

La réponse à une des plus importantes questions de la vie se trouve donc dans notre bagage génétique. Ne soyez donc pas surpris si vous constatez que vous ressemblez de plus en plus à vos parents en vieillissant, c’est tout simplement plus fort que vous!

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Relève conscientisée


Je suis une enfant des années 80. Je suis le résultat du mariage de deux baby-boomers. Ma réalité en tant que jeune adulte est toute autre que celle que mes parents ont connue il y aura bientôt 35 ans. Mon pays c’est le Canada, ce n’est malheureusement plus le Québec, le père de mes enfants ne sera pas nécessairement mon mari, il sera mon conjoint de fait, et mon courrier je le reçois sur mon téléphone cellulaire plutôt que dans la malle. J’essaie de devenir une adulte à une époque où l’accès à la propriété est extrêmement difficile avec des prix de maisons ayant connus une inflation record dans les dernières années au Québec, où mes projets de retraite devront attendre jusqu’à mes 75 ans et où l’avenir de notre planète et de nos ressources est incertain avec un réchauffement climatique qui nous attend au détour.

Heureusement, je constate que, malgré que nous soyons gouvernés par des insouciants blasés qui préfèrent s’abattent sur l’augmentation des frais de scolarité plutôt que de s’attarder aux vrais problèmes de notre monde, notre génération ne se laisse pas écraser. Nous continuons de crier notre désaccord et de manifester pour revendiquer nos droits. Nous sommes la génération mondialisée, la génération du Facebook, du iPhone mais également la génération ouverte au reste du monde. Nous sommes des grands voyageurs à l’esprit aventurier désireux de découvrir le monde. Nous sommes une relève conscientisée et sensibilisée par les enjeux de notre société. Nous sommes réveillés et à l’écoute des vrais besoins de notre époque. Cette mondialisation de nos relations a permis de faire tomber des tabous et des règles d’autrefois qui dominaient des cultures ancestrales, autant en occident qu’en orient.

Ensemble, nous avons cette force nécessaire pour faire bouger les choses. Les mouvements populaires ont fait leurs preuves en terme d’efficacité, pensons seulement à l’effet boule de neige de « KONY 2012 » qui a pratiquement monopolisé nos pages Facebook il y a quelques jours et qui a eu l’effet de sensibilisation escompté. Certaines tragédies du passé auraient peut-être pu être évitées si les réseaux sociaux que nous connaissons aujourd’hui avaient existés à ces époques.

Continuons d’être ce que nous sommes et, peut-être, réussirons-nous là où beaucoup ont échoué.

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La guerre des rhinocéros

Je me souviendrai toute ma vie de ma première rencontre avec des rhinocéros sauvages. C’était au crépuscule, juste avant que le soleil ne traverse la ligne d’horizon et nous quitte pour la nuit. Le ciel était rosé et les derniers rayons de soleil caressaient les foins de la savane africaine. Décor de rêve pour une rencontre inoubliable. Nous étions arrivés cet après-midi là dans le parc et nous avions décidé d’aller faire une petite sortie dans la brousse avant la fermeture du campement pour la nuit. Je ne m’attendais pas à ça, je ne m’attendais pas à tomber face à face avec ces immenses pachydermes qui étaient trop concentrés à manger leurs foins pour se sentir menacés par notre proximité. Je m’attendais encore moins à les voir d’aussi proche et qu’ils soient aussi gros.

Ils étaient trois. Probablement une famille: une femelle, un jeune et un gros mâle. Quand je dis gros, c’est gros! Ils étaient magnifiques, un résultat parfait de l’évolution des espèces. Je n’aurais jamais cru être attendri par ces grosses bêtes à la corne meurtière. J’aurais pu passer la journée à les observer si seulement j’en avais eu la chance. Ils m’ont semblés majestueux mais aussi très vulnérables malgré leurs trois tonnes de viande et de replis de peau. On ne peut pas s’imaginer avant de les observer dans leur habitat naturel à quel point ils sont impressionnants. Ces bêtes ressemblent à des tanks avec leurs petites pattes courtes et leur peau cuirassé. Malgré tout, cette espèce est en ce moment l’une des plus menacées au monde. La raison? Leur corne!

On a souvent entendu parler de la chasse illégale des éléphants qui a décimé des populations entières de cette espèce pour leurs défenses mais il ne faut pas oublier que les rhinocéros subissent aussi un sort tout aussi atroce. Le prix d’un kilo de cornes de rhinocéros broyés ayant dépassé la valeur d’un kilo de cocaine, ces pauvres bêtes n’ont aucune chance contre cette chasse excessive. Une corne de rhinocéros d’environ 8 livres peut atteindre une valeur allant jusqu’à 360 000 dollars US. Les cornes de rhinocéros sont reconnus depuis les temps anciens dans la médecine traditionnelle asiatique comme ayant des vertus aphrodiasiques et pour la guérison. Avec l’augmentation du niveau de vie de ces populations, la demande en corne de rhinocéros ne cesse d’augmenter. Ainsi, en 1970 il y avait plus de 70 000 rhinocéros noir en Afrique. Aujourd’hui, ce chiffre a atteint le nombre critique de 4 200 en liberté.

La plus grande ironie dans tout ce drame est que la corne de rhinocéros qui est composée principalement de kératine, une substance se retrouvant dans les ongles et les cheveux, n’est pas essentielle à la survie de l’animal. C’est-à-dire qu’il est possible de la couper sans tuer l’animal. Mieux encore, elle repousse après deux ans. Quelques visionnaires ont commencé à créer des fermes de rhinocéros afin de “cultiver” leur corne dans le but de les vendre. Malgré tout, le problème de la chasse illégale demeure quand même car les cornes provenant de ces fermes d’élevage sont souvent trop dispendieuses et ne sont donc pas compétitives pour le marché asiatique en comparaison aux cornes provenant de la chasse illégale. Comble de l’ironie, il est possible pour un visiteur en Afrique du Sud de tuer un rhinocéros et de ramener la corne comme “trophée de chasse” à la maison tandis qu’il n’est pas possible de sortir du pays une corne provenant d’un rhinocéros toujours en vie.

En bref, il est grand temps d’agir pour cesser ce fléau qui s’acharne sur ces grands mammifères et qui implique souvent de hauts-dirigeants des pays concernés. Nous sommes au point tournant de l’avenir de cette espèce et les choix que nous faisons aujourd’hui pourraient résulter en des impacts irréversibles pour leur survie. La sensibilisation et l’information du public est déjà un premier pas pour enrayer cette problématique.

Pour plus d’informations sur la situation des rhinocéros en Afrique, je vous conseille fortement l’article “Rhino Wars” dans la National Geographic du mois de mars 2012. http://ngm.nationalgeographic.com/2012/03/rhino-wars/gwin-text

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