L’instinct maternel

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Voilà, ça fait un peu plus de deux mois que j’ai le privilège d’avoir une nouvelle vocation : maman. J’ai encore de la difficulté à le réaliser. Ma vie a changé, du tout au tout, et ce, même si la terre n’a pas cessé de tourner. Et puis, quand je prends du recul pour penser à tout ce qui s’est passé en une seule année, j’en ai des frissons. Je réalise que je suis maintenant rendue à l’âge où l’eau coule vite sous les ponts. 

Mon existence a changé en une petite fraction de seconde. Un premier cri et tout mon univers a été chamboulé, les astres ont été réalignés. Mon petit trésor, ma merveille est enfin arrivée dans notre monde. Un cocktail d’émotions rehaussé d’adrénaline m’a maintenue en vie après l’accouchement. J’avais beau être rendue au bout du rouleau, ne plus avoir la moindre force dans mon corps qui me semblait revenir de la guerre, le petit être qui venait de naître m’aurait donné l’énergie nécessaire pour gravir l’Everest à l’instant même. Les quelques heures qui ont suivi sa naissance ont été magiques, comme le calme après la tempête. J’étais en paix, au septième ciel. Toutes mes craintes et mes peurs s’étaient volatilisées. Nous étions dans notre petite bulle après avoir mené la bataille d’une vie.

Puis est arrivé la fatigue, le stress, le retour à la maison, la gestion des visites, le fameux débalancement hormonal, une shape physique semblable à celle qu’on ressentirait après s’être fait ramasser par un « truck » et les débuts de l’allaitement qui-sont-loin-d’être-facile, on y reviendra. Le retour à la réalité fût quasiment aussi pénible, sinon plus, que l’accouchement lui-même. Mon horaire quotidien a connu un véritable coup d’État, il est maintenant rendu en version 2.0, cloîtré dans des plages horaires fittant entre deux boires.

Une fois seuls avec notre petit trésor, nous avons essayé de reprendre notre souffle. Nous avons constaté avec stupéfaction que le fameux conseil du « dors en même temps que bébé » ne s’applique pas vraiment à toutes les sauces. En effet, nous avons vite pris connaissance que notre bébé dormait beaucoup moins que ce que nous avions envisagé. Nous qui pensions jusqu’alors qu’un bébé naissant dormait tout le temps et en tout temps, nous avions clairement tort. Et puis nous avons constaté également que les pleurs d’un bébé ont cinq niveaux sonores, se répartissant sur une échelle d’un à cinq. Cinq étant le niveau le plus élevé, capable de déchiré mon nouveau cœur de maman à l’instant même où je l’entendais. Il est toujours surprenant de constater à quel point un si petit être peut faire autant de bruit.

Parlons du fameux allaitement maintenant. J’ai découvert sur le tard que d’allaiter était pratiquement aussi laborieux et exigeant qu’un cours universitaire, un cours de doctorat qui plus est. Il ne s’agit pas seulement de placer le bébé au bon endroit, le processus est beaucoup plus complexe. Cette soi-disant pratique vieille comme le monde peut s’avérer très complexe pour des individus de notre espèce. Les fameux livres de la parfaite maman mentionnent qu’il faut parfois faire de petits « ajustements » pour avoir un allaitement agréable. Cessons de se mentir, il peut être difficile en « viarge » ce petit « ajustement » du départ. J’ai déjà lu quelque part que, en terme de douleur, les débuts de l’allaitement peuvent se comparer au fait de se brancher un aspirateur sur le bout des seins pour une heure pour ensuite y passer une râpe à fromage. Je confirme. Je dois l’avouer, j’ai souvent rêvé de lui donner la bouteille et d’avoir la sainte paix en ces débuts difficiles.  J’ai tout donné, ce ne fut pas une mince affaire. Après des semaines d’ajustement, de stress, de coaching et de travail d’équipe, j’en conviens, l’allaitement a quelque chose de magique et il vaut tous les efforts investis.

En bref, je m’y attendais, j’étais préparée, du moins je le croyais, mais entre l’imaginer et le vivre, il y a un monde de différence. À la seconde où elle a vu le jour, quelque chose a changé pour toujours. Le monde a basculé. C’est instinctif. Je suis devenue une nouvelle personne tout en restant celle que j’étais. Difficile à expliquer. Je l’avoue, je suis maintenant « gaga » de ma fille et, lorsque je vois des bébés, ma réaction est comparable à celle que j’avais auparavant en voyant un chiot. Il faut croire que c’est vrai, l’instinct maternel qui sommeille en nous finit toujours par se réveiller…

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4 commentaires sur “L’instinct maternel

  1. Bonjour,
    Tout d’abord félicitations !
    Voilà un très beau témoignage, un témoignage de grande franchise, merci.
    Car il faut bien l’avouer, il y a tendance sur ce sujet de l’idéaliser. Comme vous je n’ai pas eu cette réaction. Ce n’est pas toujours très rose, ne nous cachons pas la face, mais comme il est merveilleux de donner la vie et de découvrir son enfant.
    Normalement un bébé mange et dort, mais ce n’est pas toujours ainsi et tout petit qu’il peut-être c’est déjà un coquin qui sait se jouer des adultes. Parfois c’est juste un peureux qui a besoin d’être rassuré tout simplement ou alors son petit ventre le fait souffrir. Il suffit, comme si c’était simple, de trouver son mode d’emploi, car chaque enfant est unique.
    Je vous souhaite de merveilleux moments auprès de votre petit ange.

  2. Un cours de doctorat, pousse pas! 😉 Beau texte Val et lâche pas. Avoir un enfant, c’est tomber profondément en amour, et ne jamais être déçue.

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