Je me souviendrai toujours…

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David, mon frère, mon héros de jeunesse, mon marginal préféré. Tu en auras ébloui plus d’un. Tu étais comme une étoile, une véritable boule de feu qui brillait tout en se brûlant. Tu avais cette folie rayonnante, cette même folie qui t’a fait nous quitter trop tôt. Avec ton humour contagieux, ton sens du théâtre légendaire et ta passion pour la musique, tu avais tout d’une star, ou d’un prince comme tu aimais si bien le dire. Tu étais artiste, poète, philosophe, pêcheur et cuisinier à tes heures. Chose certaine, tu as toujours eu cette personnalité flamboyante et si attachante. De mes yeux de gamine, tu étais le meilleur grand frère au monde, et moi, je voulais tellement te plaire.

Je me souviendrai toujours lorsque tu faisais le fameux « requin-baleine » dans la piscine chez les parents. Tu avais cette façon amusante de « swinger » sur le plongeon avant de faire le grand saut. Tu étais toujours le premier de la saison à oser t’aventurer dans les eaux froides pour la première baignade de l’année, et ce, même si la température de ces dernières n’atteignait même pas les 60 degrés Fahrenheit. Tu disais qu’un froid pareil te gardait en vie.

Je me souviendrai toujours de ton respect et de ton amour pour la nature. Tu prenais le temps de sauver les petits insectes qui avaient le malheur de tomber dans l’eau même lorsqu’il s’agissait d’horribles scarabées ou de méchantes guêpes. Tu disais qu’ils avaient le droit à une deuxième chance. Tu adorais également aller te promener en forêt avec Sally, notre bel épagneul breton. Tu revenais de ces sorties la tête haute, le « chest » bombé, fier comme un pape, comme si tu avais accompli quelque chose d’important. Tu as toujours eu ce côté « wild ».

Je me souviendrai toujours de ton amour inconditionnel pour la bonne bouffe. Mon Dieu que tu mangeais comme un ogre! Tu pouvais passer tes journées à fouiller dans le réfrigérateur pour te concocter des petits délices. Lorsque la saison du homard arrivait en ville, tu devenais excité comme un jeune gamin avant son bal de finissant. Avec ton perfectionnisme exacerbé et ton imagination vagabonde, tu transformais même les plats les moins attrayants en véritable repas de roi. Et puis, il y a la fameuse fois où tu as fait un ragoût de boulettes et qu’elles ont collées dans le fond du chaudron. Tu étais inconsolable.

Je me souviendrai toujours de ta passion pour la musique et de tes vieux disques vinyles achetés dans des ventes de trottoirs qui tournaient sans cesse. Tu disais que tu préférais leur son à celui des disques compacts. À mon avis, c’était parce qu’ils te coûtaient beaucoup moins chers à te procurer que les CD, mais ça, je ne te l’ai jamais dit.  Je ne t’ai jamais dit non plus que j’adorais les matins où j’entendais les mélodies des années 70 vrombir de ta chambre à coucher. Dans ces moments-là, je m’empressais de descendre les escaliers et j’allais m’asseoir au pied de ton lit dans lequel tu faisais la grasse matinée.  Et lorsque le disque arrivait à sa fin, j’avais la tâche importante d’aller le tourner, en prenant bien soin de ne pas l’égratigner avec l’aiguille. C’était nos petits moments.

Je me souviendrai toujours de ta garde-robe si bien garnie. Trop bien garnie selon maman. Tu avais des morceaux de linges à n’en plus finir, en passant par le manteau de loup-marin offert par ton grand-père et dont tu étais tellement fier à aller jusqu’à ta fameuse chemise « LOVE » avec des fleurs que tu portais avec une coupe Longueuil. Mentions spéciale également à ton habit de neige « one piece » bleu éclatant que tu aimais porter avec une tuque jaune « pipi ». Tu as toujours eu du style et tu savais comment te faire regarder.

Je me souviendrai toujours à quel point tu t’es bien occupé de moi lorsque j’étais petite. Tu me trimbalais partout. J’étais tellement fière que tu sois mon grand frère. Tu me laissais écouter les films épeurant avec toi au sous-sol, même si je n’avais pas l’âge et que j’allais, par après, faire des cauchemars pendant des semaines. Tu acceptais de jouer à des jeux de société avec moi même si tu détestais perdre. J’en profitais pour tricher, juste pour voir tes réactions qui étaient toujours plus comiques d’une fois à l’autre. Tu me faisais rire.

J’aurais tant voulu que tu puisses vieillir à nos côtés.  J’aurais tant voulu que tu prennes un chemin différent, que tu puisses devenir la personne que tu aurais tant voulu devenir. J’aurais tant voulu que tu voies grandir ma fille…

Je me souviendrai toujours de ton sourire. Je me souviendrai toujours du bon en toi.

Ta petite sœur qui t’aimera pour toujours, no matter what.

 

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