La trentaine, la bedaine, les morveux, l’hypothèque…

été 2011 317

La trentaine, la bedaine, les morveux, l’hypothèque…

Il n’y a pas si longtemps de cela, ces paroles des Cowboys Fringants me perturbaient, pensant à tort que ces composantes formaient la combinaison parfaite pour un destin trop conventionnel. Tel un destin que je pensais vouloir éviter à tout prix, ces paroles demeuraient dans mon subconscient afin de me ramener à l’ordre au premier signe laissant croire que je me dirigeais vers cette direction. Je crois que j’avais peur de devenir une grande personne, avec les responsabilités qu’un tel statut confère. Peut-être aussi que je me croyais au-dessus de cette routine et de ces contraintes, ne voyant que le négatif dans la chose. Puis, vînt l’âge, accompagné de la maturité et de ses autres acolytes. On ne peut le nier ou le combattre, vieillir change radicalement les perspectives. Il faut croire que la grande horloge de la vie ne cesse de tourner et elle ne m’avait pas oubliée.

Après mes études et quelques voyages derrière la cravate, j’ai finalement commencé à travailler, avec un emploi sérieux comme dirait les grands. L’époque de l’école et des vacances scolaires, qui faisaient mon plus grand bonheur, a été remplacée par du travail de bureau à temps plein, avec quelques sorties sur le terrain à l’occasion. Le contrat au moment de mon embauche mentionnait que j’avais le droit à deux semaines de congé par année, je n’avais pas trop bronché lors de la signature. Je m’étais faite à l’idée. Il faut croire que c’est vrai que l’être humain s’habitue à peu près à tout. Par contre, chaque année, j’ai fini par prendre l’habitude d’étirer mes vacances avec des congés sans solde, question de pouvoir décrocher un peu plus longtemps de cette vie routinière qui m’endort peu à peu dans le moule. J’ai toujours priorisé ma qualité de vie et mon bonheur au-delà de mon porte-monnaie. Puis, pour compenser mon manque de liberté qui sévit pendant l’année entière, je m’offre un vrai voyage pour occuper ces semaines de vacances qui sont si chères à mes yeux. Le genre de voyage qui me sort de ma torpeur,  le genre de voyage qui me garde en vie !

Le reste de l’année, lorsque je ne suis pas en train de dormir à la belle étoile dans la forêt amazonienne ou de sauter en parachute au-dessus d’un volcan, j’apprécie ma petite vie tranquille réglée au quart de tour. À ça aussi, on finit par s’habituer. De toute façon, elle n’est vraiment pas si mal cette vie. La preuve, je ne l’échangerais pas avec celle de quiconque. Mais plus le temps passe, plus je me rends compte que je n’ai pu vingt ans, et c’est la même chose pour mon entourage. Chose normale mais tout de même choquante lorsqu’on s’imagine encore « jeune ». Le terme « jeune » concerne maintenant l’autre génération, celle qui écoutait les Télétubbies et les Pokémons alors que nous on écoutait Watatatow, celle qui aujourd’hui va encore veiller minimum deux soirs par semaine jusqu’à trois heures du matin. Ma cohorte à moi est passée à un autre niveau. Notre énergie est utilisée de façon réfléchie afin de compenser sa nouvelle quantité qui est maintenant limitée, sans parler de nos intérêts qui sont, dans la majorité des cas, à l’opposé de ceux d’autrefois. Et puis on se surprend même à l’occasion de chialer lorsque la musique est trop forte dans un restaurant, pareil comme nos parents. Se coucher dépassé minuit commence à être un luxe tandis qu’on apprécie sans trop vouloir se l’avouer le fait de passer son vendredi soir à la maison écrasée dans le divan, car la semaine de job a été dure. Il faut travailler fort pour payer la belle maison ! Vraiment, personne n’y échappe, le temps change tout le monde.

C’est à ce moment qu’on réalise qu’on a hâte que la maison se remplisse. Ce doit être ça, le cycle de la vie. Vivre à deux avec un chien, c’est bien. Mais vivre à trois avec le chien, il me semble que ce serait mieux? L’horloge biologique nous rattrape, tôt ou tard, et on se met à parler de bébé. Les projets de voyage sont mis de côté, pour un temps, question de vivre cette nouvelle vie pleinement avec l’arrivée d’un enfant. On l’attend, on a hâte. Neuf mois c’est long comme attente. J’attends toujours d’ailleurs, une pointe d’impatience à l’horizon.Pour une des rares fois dans ma vie, j’ai l’impression d’être au bon endroit au bon moment. J’apprends à vivre avec moi-même, chose qu’on semble oublier de faire dans notre société modernisée. De toute façon, mes habitudes « queue de veau » semblent elles aussi vouloir s’estomper avec l’âge.

Notre vie, elle est belle tant qu’on la choisit et qu’on ne la bouscule pas. L’important, c’est de ne jamais oublier qui nous sommes, et ce, peu importe notre âge. Puis, il faut apprendre à faire confiance en la vie, c’est déjà un bon début pour atteindre son bonheur. Je crois?!

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2 commentaires sur “La trentaine, la bedaine, les morveux, l’hypothèque…

  1. La vie a toute âge est belle !
    Garder une pointe d’enfance toute au long de celle-ci est une magie, une fantaisie à laquelle il ne faut jamais se soustraire. Pour le reste ma foi, cela se fait, il suffit juste de l’accepter au fur et à mesure afin de le vivre au mieux 😉
    Belle journée à vous !

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