Quelque part entre deux toasts au beurre de peanuts et plusieurs tasses de café, je me suis perdue. J’ai égaré la personne que j’étais. Je suis devenue une nouvelle version de moi-même. J’ai mûri, j’ai vieilli, j’ai pris un coup de vieux, mais l’âge n’a rien à y voir. La routine et l’absence d’imprévu en sont la cause.
Ma vie est désormais une succession de tâches et d’obligations, entrecoupée par des moments de tendresse et de beauté qui valent tout l’or du monde. Je suis maintenant réglée au quart de tour. Les horaires des enfants, ou plutôt l’absence d’horaire pour la plus jeune, ont eu raison de l’âme aventurière que j’avais. Je vis présentement l’un des plus grands paradoxes de ma vie. J’adore ma vie avec mes enfants tout en brûlant d’envie de retrouver ma liberté d’autrefois.
Je ne suis plus le centre de mon univers, je tourne en orbite autour de mes enfants, à essayer de garder la tête sortie de l’eau malgré les torrents. Je vis tous les jours en donnant mon 100%, à espérer être la meilleure pour la plus belle cause qui soit. Je carbure à l’amour.
Je suis accrochée à ma maison et à mon quotidien par une laisse imaginaire. Je m’y sens bien, en sécurité et en terrain connu. C’est cozy. J’y trouve un équilibre délicat. Je réussis à y ralentir le temps. Je respire le bonheur tout en brûlant la chandelle par les deux bouts. La vie de parents, c’est ça, c’est tout. À chaque jour qui passe, l’ancienne moi disparaît un peu plus pour laisser place à la nouvelle moi, version casanière. Je n’ose même plus rêver de voyages et d’aventures.
Parfois, il m’arrive de m’arrêter dans ce tourbillon qu’est devenue ma vie et d’essayer de me rappeler qui j’étais. Je tente désespérément de me souvenir de l’ancienne moi, de celle qui n’avait pas vraiment d’obligations ou de responsabilités mise à part des comptes à payer. J’ai oublié ce que je faisais pour occuper mes temps libre.
J’aime ma vie, je l’adore même. J’ai juste peur de me réveiller un beau matin et de réaliser que celle que j’étais a complètement disparue. C’est bien beau devenir parent, mais il ne faut pas oublier qu’on existait avant d’avoir ce rôle, et qu’on va devoir continuer d’exister même lorsque nos enfants vont commencer à voler de leurs propres ailes.

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