La parfaite expérience japonaise

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Je suis tombée en amour avec le Japon pour les mêmes raisons que je suis tombée en amour avec les voyages : parce que je me suis ouverte au monde l’espace d’un instant.

Pendant mon séjour dans le pays du soleil levant, j’avais envie de vivre une vraie expérience traditionnelle japonaise. Je voulais être déstabilisée, un peu du moins. Je voulais me sortir de mes vieilles habitudes de nord-américaine endurcie. Je suis allée séjourner pendaDSC03927nt quelques jours dans un ryokan, une de ces fameuses auberges traditionnels typiques qu’on retrouve un peu partout dans le pays. Elles sont généralement construites en bois et ont une architecture typiquement japonaise. Tsé, le genre d’architecture que tu pourrais imaginer dans un décor de film de samurais. Les chambres haut de gammes ont généralement accès à des petits jardins intérieurs. Avec mon budget de voyageuse, je n’avais pas les moyens de me payer une de ces chambres. Notre chambre n’avait donc pas d’accès à un petit jardin, elle était située au deuxième étage. Nous avions une vue sur les jardins des chambres de l’étage inférieur. Ça valait le coup d’oeil.

Pour diverses raisons, j’avais choisi un ryokan à Kyoto. Je considérais que Kyoto était beaucoup plus romantique, voire traditionnelle, que la grande Tokyo. J’avais DSC03923plus confiance en Kyoto pour savourer cette expérience d’immersion dans la culture. À notre arrivée, on nous a clairement fait comprendre qu’il fallait remplacer nos sandales sales par des petits chaussons pour pouvoir mettre un pied à l’intérieur. On ne s’est pas fait prier, on les a mis. Puis, une dame qui semblait gentille mais qui ne parlait pas un traître mot en anglais nous a fait signe de la suivre. Elle nous a mené jusqu’à notre chambre, du moins c’est ce que nous avons compris. Il n’y avait aucun lit dans la pièce, seulement une table basse avec du thé et des coussins pour s’asseoir. Il y avait également des kimonos pliés dans un coin. Il n’y avait aucun autre meuble. C’était une pièce de bonnes dimensions, avec de belles fenêtres antiques qui occupaient deux murs complets de la chambre.

On a mis les kimonos et on s’est dirigé vers la salle de bain pour se laver, parce qu’après avoir passé une nuit dans un bus, il n’y a rien comme se laver! On a eu une petite surprise. First, il n’y avait pas de douches, seulement des bains. Ok, pas si pire. Second, il s’agissait de grandes sources d’eau chaude, style mini-piscine, utilisés par tous les clients de l’hôtel. En fait, c’était pire. On ne pouvait pas barrer la porte pour avoir la place à nous tout seul, les gens y entraient comme dans un moulin. Il n’y avait pas de petit écriteau à la porte d’entrée pour mentionner que Valérie avait besoin de son intimité. Au moins, les salles de bain étaient unisexes. At least.

Je dois avouer qu’on s’y attendait un peu, étant donné qu’on avait lu sur le sujet avant notre arrivée, mais entre le lire et le vivre, il existe un monde de différence. En fait, on espérait qu’il y ait une alternative plus occidentale, mais il faut croire qu’on n’aurait pas vécu la VRAIE expérience s’il y avait eu une chicken exit. Tu te sens game quand tu le lis dans ton Lonely Planet à la maison, loin des lieux. Le fait est que je n’ai clairement pas de fibre exhibitionniste pis que rendu là, je n’avais vraiment plus si envie que ça de me laver. C’est quoi le problème avec une petite odeur de swing anyway?

J’ai finalement pris mon courage à deux mains, et j’ai foncé. Heureusement, il n’y avait personne quand je suis entrée.  Avant de pouvoir accéder au bain, il y a un processus très clair qu’il faut suivre. Il faut que tu te laves assis sur un petit banc en bois avec des chaudières pour être suffisamment propre pour entrer dans l’eau. Il y avait un mode d’emploi avec des images à l’entrée pour nous expliquer les différentes étapes. Je me suis dépêchée à me laver sur le petit banc en priant très fort pour que personne d’autre ne rentre à ce moment-là. Puis, une fois que j’ai eu terminé ce petit moment d’ackwardness, je me suis littéralement garrochée dans l’immense bain. Je suis restée là pendant un certain temps à relaxer, avec une serviette déposer sur moi dans le fond de l’eau, juste au cas où tsé.DSC03768

De retour à notre chambre, notre lit était prêt et des panneaux de bois avaient été placés dans les fenêtres pour la nuit. Le lit était en réalité des coussins épais installés directement sur le sol. La nuit s’annonçait pour être différente. Mon chum avait mal au dos juste à le regarder. On a pris le temps d’aller manger des sushis et boire un peu de saké en ville pour se donner du courage.

On a eu une agréable surprise : ce n’était vraiment pas si pire que ça. C’était même très confortable et relaxant. On a finalement super bien dormi. On s’est réveillé en forme, avec une vague impression de faire partie d’un nouvel univers l’espace d’un instant.

 

 

 

 

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