Je me suis réveillée une nuit et j’ai eu peur. J’ai réalisé que ma vie était parfaite, exactement comme je l’avais imaginé lorsque j’étais petite. J’ai pensé deux minutes à ce qui se passerait si je la perdais et j’ai été terrifiée. Bien sûr, il y a quelques ombres au tableau, des événements tristes, mais le portrait général est plus que satisfaisant. J’ai 29 ans, une fille incroyable, un copain extraordinaire, des parents en santé, un chien merveilleux, la maison de mes rêves, une job que j’aime, etc. etc… Malgré tout, avant ce réveil nocturne, je sentais un vide en moi. Il existait un fossé entre le bonheur que je vivais et celui que je devrais vivre. Une lassitude cohabitait avec mon bonheur.
J’ai constaté que, bien que j’aie tout ce dont je pouvais rêver, je persistais à être insatisfaite. Je faisais partie de ce groupe «d’ingrats », ceux qui prennent les choses pour acquises sans être reconnaissants de ce que la vie leur offre. Cette simple constatation m’a choquée. Elle confirmait que je n’étais pas à la hauteur de la personne que je voulais devenir. Je me suis mise à penser aux raisons qui étaient à l’origine de cette anomalie, de ce dysfonctionnement de mon « gène du bonheur ». J’ai constaté que j’accordais trop d’importance aux éléments négatifs de ma vie. Que je prenais rarement le temps d’être bien, que je me permettais rarement d’être heureuse. Que j’utilisais trop souvent les « il faut » et que j’oubliais souvent de rire pour ce qui était drôle.
Il est évident qu’une vie n’est pas qu’une succession d’évènements heureux. Cependant, il ne faut pas oublier que nous avons rarement le contrôle des choses, mais il faut, au minimum, être capable d’apprécier ce que nous avons. Le gène du bonheur n’existe pas, les contes de fées non plus. Cessons d’espérer un meilleur lendemain, de s’imaginer que tout sera mieux dans le futur et apprenons à vivre le moment présent, au jour le jour. C’est vrai, je suis brûlée ces temps-ci parce que mon bébé ne fait pas ses nuits. Tant pis. Elle n’a que quatre mois et la journée qu’elle va me dormir un douze heures en ligne, je vais être triste de constater à quel point elle va être rendue une grande fille et que le temps aura passé trop vite.
Cessons également de blâmer les autres et le Bon Dieu pour nos problèmes. Nous sommes les seuls et uniques responsables du chemin que nous empruntons. Même si ma vie et ma routine ne sont pas toujours un camp de vacances, j’ai au moins la chance de choisir comment je veux vivre.
Cette nuit-là, j’ai constaté que j’étais au bon endroit au bon moment. J’espère que vous le réaliserez, vous aussi…

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