Corcovado

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Depuis que j’étais toute petite que je rêvais de le voir en vrai, sur le haut de sa falaise, comme un enfant peut rêver de voir la fée clochette ou le Père Noël. Il me fascinait depuis le moment que je l’avais aperçu dans une vieille revue de voyages des années 80. Il faisait, en quelque sorte, partie de mon Saint Graal du voyageur, tout comme la muraille de Chine, la tour Eiffel et la statue de la Liberté. Comme toute bonne rêveuse, j’ai ma fameuse « check list » de choses que je veux voir et faire avant de quitter ce monde. Même si je ne suis pas nécessairement croyante, aller le visiter était au top de cette liste.

Dès mon arrivée à Rio, la cité merveilleuse, j’avais commencé à scruter l’horizon dans l’espoir de l’apercevoir. Je m’attendais à le voir gigantesque, les bras grands ouverts, veillant sur la ville. Après quelques minutes de recherche, j’ai finalement réussi à le voir perché au haut du mont Corcovado, perdu au milieu d’un ciel bleu azur. Avec des dizaines de kilomètres nous séparant, il paraissait beaucoup plus petit que dans les livres.

Cette vision emblématique m’a fait pleinement réaliser que j’étais bel et bien arrivée au Brésil, pays de rêves pour la voyageuse que je suis. Le simple fait d’avoir débarqué de l’avion et je pouvais déjà sentir la « vibe » latino s’emparer de moi. Mes pieds auraient été prêts à aller danser la salsa à tout moment. La ville de Rio avait définitivement un je-ne-sais-quoi qui vous fait l’apprécier au premier contact.

Le lendemain matin suivant notre arrivée, nous sommes allés marcher sur la fameuse plage de Copacabana, question de vraiment nous sentir en vacances. Le sable à ce quelque chose d’unique qui vous transforme en personne décontractée au moment où vos pieds frôlent son contact. C’est le genre de petit détail qu’on oublie rapidement lorsqu’on est de retour dans son cubicule au travail, mais qui reste imprégné dans votre subconscient pour toujours. J’ai souri en pensant que c’était ce genre de choses qui me donnaient toujours plus envie de partir à l’aventure.

Après avoir marché de long en large sur la plage, nous avons mis le cap vers le Mont Corcovado pour aller voir la septième merveille du monde de plus près. Le trajet pour aller voir le Christ au haut de cette montagne de 710 mètres de hauteur se fait en « cable car ». Cette boîte métallique tirée par une corde serpente la montagne et ses rues résidentielles, offrant au passage des vues magnifiques de la ville de Rio. Bien qu’il était difficile d’immortaliser ces moments sur photos en raison du nombre élevé de têtes qui obstruaient les fenêtres du véhicule, le trajet à lui seul valait amplement le détour. À plusieurs moments j’ai cru que la corde allait lâcher, ce qui rendait le moment encore plus fébrile. Une fois arrivé au sommet, de petites pancartes et des cordes nous indiquaient le passage pour arriver au pied de la fameuse statue. DSC06006

Avec près de 750 000 visiteurs par année qui se succèdent à la file indienne dans un endroit aussi exigu, ce n’était pas surprenant d’y trouver une horde de visiteurs. Je me serais crue à Disneyland en pleines vacances scolaires, les figurines de Mickey Mouse en moins. Peu importe, le moment avait une touche de magie. Il n’était pas question que je me sente comme un simple numéro dans cette foule disparate. Je me suis approchée de la statue et je me suis trouvée un endroit tranquille malgré tout. Elle était tout simplement gigantesque, beaucoup plus grosse que ce que les photos peuvent donner comme impression. Je me demande encore comment ils ont pu réussir un pareil exploit de construction dans les années 1920.

Il était parfait, encore mieux que dans mes rêves. Son visage angélique et serein veillait sur la ville. La vue de cet endroit était tout simplement à couper le souffle, nul besoin de se questionner plus longtemps sur les raisons ayant conduit à la construction de cette statue dans ce lieu. Il n’y a pas de doute que j’aurais un visage aussi angélique si j’avais ma résidence à un endroit pareil, et ce, même si la falaise à ses pieds était franchement épeurante. DSC06003

Nous avons essayé de prendre quelques bonnes photos malgré l’achalandage. Beaucoup de gens prenaient la pose, les bras écartés devant lui, espérant être originaux et avoir une bonne photo à ramener à la maison. Une compagnie vendait des photos montage devant un écran bleu afin de vous offrir un cliché seul avec le Christ en trafiquant un peu l’image.

J’ai finalement abandonné l’idée d’avoir une bonne photo et j’ai plutôt décidé de profiter de ce moment privilégié. J’ai respiré profondément en admirant la beauté de l’endroit et la chance que j’avais de m’y trouver, ce qui m’a apaisée. J’ai eu mon moment. Je l’ai vu. Je suis repartie le sourire aux lèvres en me disant que le reste du voyage serait tout aussi impressionnant. L’emblème religieux de la cité merveilleuse était définitivement à la hauteur des attentes de la petite fille en moi. DSC06031

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2 commentaires sur “Corcovado

  1. Avec la belle description que tu en fais, on ira sûrement un jour, peut-être l’an prochain avec Casira.

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