Ma nuit dans la jungle amazonienne

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L’Amazonie, telle une terre promise, était à la hauteur de toutes nos attentes, et même plus encore…

Aussitôt arrivée que j’étais conquise. L’eau noire et calme créait un effet impeccable de miroir dans cette immensité sauvage. Les arbres, et même le ciel, se reflétaient parfaitement dans les moindres détails dans cette masse d’eau inerte ; offrant au spectateur un tableau digne de brochures touristiques. Des poissons s’agitaient, ici et là, sur notre passage, question de nous rappeler que la vie pullule dans ces eaux sombres. Le vrai calme, celui qui ne se trouve plus dans notre monde civilisé, remplissait les lieux. Notre bateau voguait, mon âme était en paix. Quelques moustiques me fouettaient le visage au passage, mais rien de trop agressant. La nuit dans cet endroit s’annonçait pour être spéciale : le genre d’expérience qui te sort de ta zone de confort, le genre d’expérience qui te forge un caractère ! C’était exactement ce que je recherchais.

Nous étions au beau milieu de nulle part, ou au centre de l’univers, je ne sais plus. L’endroit était tellement reculé du monde civilisé que je commençais à comprendre toute l’absurdité de vivre en permanence en symbiose avec la technologie à la maison. Même l’application Google maps, dont je suis habituellement une très grand fan, n’avait plus aucun intérêt. Ici, le roi de la jungle c’est celui qui sait comment manier une machette, et non pas celui qui sait utiliser son iPhone. Le stress n’existait plus, il n’y avait que moi et la nature avec un grand « N ». Aucun signal, aucune onde, aucun bruit d’origine anthropique. Déroutant.

DSC07114Notre campement, que nous avions construit avec l’énergie du désespoir dans cette chaleur excessive de bains turcs, ressemblait à une cathédrale végétale. Nous avions réussi à nous construire un endroit plutôt douillet vu les circonstances, mais surtout protégé de la pluie grâce à des feuilles de palmiers géants. La hauteur de l’installation atteignait pratiquement quatre mètres au plus haut sommet. Aucune corde, clou ou autre accessoire venant du monde humain n’avait été nécessaire pour sa construction. J’étais subjuguée de constater à quel point le tout semblait solide. Nous y avions installé solidement les hamacs sur les poutres transversales, accompagnés de moustiquaires en guise de bouclier contre les pestes volantes. L’endroit avait fier allure.

Le soir, les étoiles brillaient haut et fort dans le ciel noir comme l’encre. Aucun smog, aucune pollution lumineuse, le ciel était aussi parfait qu’il ne pourrait jamais l’être. La voie lactée pouvait s’observer facilement lorsque nous étions dans les recoins non couverts de la rivière. Le bruit autour de nous était assourdissant. Les grillons et les grenouilles faisaient un tapage intensif, ce qui amenait un certain charme au moment. Je me suis mise à penser à la chance que j’avais d’être à cet endroit à cet instant précis, chose que je fais rarement dans mes voyages. C’était la preuve que j’étais en paix.

Avec toute la fatigue accumulée en raison de la chaleur accablante que nous avions endurée pendant la journée, mon hamac avec moustiquaire me semblait plus que prometteur pour une nuit de sommeil récupérateur. Un bon 48°C avec 95% d’humidité pendant la journée, ça te rentre dans le corps. J’étais tout simplement brûlée raide! La forêt qui m’avait semblé si peu hospitalière à mon arrivée, quelques heures seulement auparavant, ne me faisait plus la moindre peur.

Je me suis couchée sans demander mon reste, dans ce campement que nous avions construit à la sueur de notre front, c’est le cas de le dire. Le sommeil ne s’est pas fait prier vu mon état de fatigue généralisée. Mon lit suspendu était beaucoup plus confortable que ce que j’avais pu pensé pendant les mois que j’anticipais ce moment en particulier. La température avait retombée légèrement, nous offrant ainsi un répit de chaleur excessive selon nos standards de québécois.DSC06983

Je me suis réveillée à plusieurs reprises pendant la nuit, pour diverses raisons, notamment à cause des piqûres que j’avais collectionnées pendant la journée et qui me faisaient délirer tant elles me démangeaient. Le lendemain matin, j’ai réalisé que j’avais survécu à ma première nuit dans la jungle, juste à temps pour entendre le cri « réveille-matin » des singes hurleurs. J’ai pensé que c’était sûrement la première et dernière fois de ma vie que je me réveillerais sur ce son. C’était un de ces moments si simple mais unique, un petit bonheur de la vie. J’ai souri.

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