Guilin et la rivière Li

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Nous étions à Guilin, dans le sud de la Chine, depuis déjà quelques jours. La magnificence du fleuve Li avait tranquillement réussi à apaiser ma conscience de citadine blasée. Je commençais tranquillement à faire la paix avec mon esprit agité. Il faut dire qu’après avoir passé quelques jours à Hong Kong on se surprend des fois à se mordiller la lèvre sans trop savoir quel stress nous ronge.

La ville de Hong Kong administre un excellent coup de pied au cul lorsque tu sors d’un avion avec un décalage horaire qui fait la moitié du tour de l’horloge et une réserve de sommeil dans le négatif. Le séjour de ce côté de la frontière chinoise était un avant-goût idéal pour la découverte de l’Asie et procurait un choc culturel déboussolant, mais ce n’est pas dans ce contexte que l’on découvre l’âme d’un continent. Un séjour paisible à Guilin l’était !

Quelques jours avant notre arrivée dans ce coin reculé de la Chine, la rivière Li, qui borde la ville de Guilin, était sortie de son lit, probablement parce que ça lui disait mais aussi un peu parce qu’il y avait eu une pluie plus intense qu’à l’habitude. Ce caprice météorologique avait résulté en des débordements et des inondations, ici et là. Avec tous les phénomènes climatiques que nous connaissons ces dernières années, il n’y a plus rien de surprenant avec la météo.

L’impressionnant volume d’eau qu’avait généré cette pluie avait eu comme résultat d’accrocher des déchets un peu partout dans les arbres qui bordaient la rivière, leur donnant un certain look de sapin de Noël trash. La présence indésirable mais loufoque de ces détritus donnait un bon indice du niveau considérable que l’eau avait atteint dans les derniers jours, en plus de prouver l’omniprésence des déchets dans l’environnement chinois.

Question de découvrir l’arrière pays, nous avions trouvé un petit radeau en bambou pour descendre une section de la rivière. Notre embarcation rustique avait toutes les misères du monde à rester au sec avec les vagues qui déferlaient sur nous et le courant qui semblait parfait pour une descente excitante en rafting. Les karsts, ces magnifiques montagnes en dents de scies, nous encerclaient. L’endroit était si zen que je pouvais m’imaginer dans un de ces vieux tableaux chinois à la teinte sépia, à l’exception des remous intenses qui s’abattaient sur nous. Malgré la houle, c’était le lieu parfait pour découvrir le charme de la Chine mais surtout pour commencer à apprécier le pays au-delà du classique choc culturel.

J’ai découvert un village rustique mais beaucoup trop touristique en arrivant à destination. Les gens de la place avaient à peine de quoi à manger mais ils vendaient tous des t-shirts et des breloques insignifiantes aux quelques touristes qui débarquaient secouées de leur embarcation. Le même stock se retrouvait sur chaque table à l’entrée d’à peu près toutes les maisons du village. J’en étais étourdie. J’ai compris que la route des touristes m’avait rapidement rattrapé.

Nous sommes retournés après quelques heures à Guilin, en autobus cette fois. La route était belle et tranquille. Le coucher du soleil faisait des brèves apparitions au travers des montagnes qui s’entrecroisaient à l’horizon. Je me suis endormie accotée sur le bord de la fenêtre, la tête pleine de souvenirs et l’esprit apaisé…
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