Qui veut du poisson frais?

Japon - Indonesie 2012 065
Le marché de poissons de Tokyo est, sans contredit, le plus grand en son genre au monde. Impressionnant aux premiers abords, il est également choquant.

Tokyo : 9h48, 3 septembre 2012.

Nous marchions depuis des heures au travers des dizaines, voire des centaines d’allées. Elles étaient toutes identiques, à l’exception de la présence de spécimens plus rare dans certaines d’entre elles. L’odeur qui dégageait de cet endroit était un gage de mal de cœur assuré. Je pouvais déjà imaginer l’état de mes souliers à la sortie de cet endroit en raison des nombreuses flaques d’eau, plus précisément de jus de poissons, qui stagnaient sur le sol des corridors. Certains des poissons encore en vie tentaient un ultime effort pour essayer de fuir cette fin tragique qui les attendaient dans ces bacs de la mort, ce qui résultait en des éclaboussures assurées. Il y avait des poissons et des fruits de mer de toutes sortes : thons, saumons, oursins, étoiles de mer, calmars, pieuvres, hippocampes et j’en passe. Les fonds marins de cette région du monde étaient représentés de façon ridiculement minimaliste entre les caisses de transport et les machines à glace. Toute cette abondance, voire cette démesure, pour la simple satisfaction des consommateurs abusifs japonais.

J’ai compris toute l’excessivité de l’homme en constatant l’ampleur du phénomène : tous ces poissons et crustacés qui proviennent des quatre coins du monde pour finalement s’échoir sur ces tables et attendre d’être transformés en sushis. Du poisson il y en avait, pour les fous et les fins, mais surtout pour rien. Nombre de ces poissons ne seront même pas mangés en raison d’une offre excessivement trop grande pour une demande démesurée.

Le marché est impressionnant, surtout lorsqu’on est un voyageur à la découverte de la vraie culture japonaise, pas celle qu’on vous vend sur une postcard à tous les coins de rue. Comment expliquer alors que je suis sortie de cet endroit avec le cœur lourd, avec un sentiment de culpabilité et de frustration ? J’imagine que c’est parce que je voue un profond respect à la nature et que j’ai vu à cet endroit un manque total de conscience écologique. À cette vitesse, les fonds marins seront vidés d’ici quelques années seulement.

Nous sommes revenus sur nos pas et avons quitté ce racoin de la Ville afin de respirer un peu d’air frais qui ne sentirait pas le poisson frais. Sur le chemin du retour, nous avons passé en avant d’un magasin qui vendait toute sorte de trucs, dont un véritable ours polaire empaillé à vendre pour une somme immonde. À la vue de cette majestueuse bête recouverte d’un plastique dans le fin fond d’une ruelle du Japon, je me suis dit que les Japonais avaient beau être les maîtres des avancées technologiques, il y a de quoi qu’ils n’ont vraiment pas compris…

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