Ma première fois (avec Coco la tortue)…

Tortugas-Jardines-Jun-3-08 014La première fois que j’ai fait de la plongée sous-marine était inoubliable. La minute que j’ai mis le pied à l’eau j’ai été terrorisée. Le monde marin me semblait tout d’un coup plus intéressant sur les écrans de télévision que derrière mon masque, à 20 mètres sous la surface d’un océan déchaîné. La seule chose qui traversait mon esprit était les sages paroles de mon instructeur : just keep breathing and everything will be OK. C’est à ce moment que je me suis demandé ce qu’il se passerait si je ne l’écoutais pas? Je n’ai pas eu envie d’essayer de le contredire. Je l’ai écouté. J’ai respiré et observé mes bulles remonter à la surface les premières minutes. Je trouvais qu’elle prenait un temps fou avant de toucher les vagues qui déferlaient à la surface, ce qui était loin de me rassurer.

Après un certain temps, qui m’a semblé une éternité, je me suis calmée. J’ai constaté que les choses se passaient relativement bien et que je ne m’en sortais pas trop mal à respirer cet air en canne. Mon masque était un peu embué mais il n’était pas question que je fasse une manoeuvre pour le nettoyer, je n’étais pas encore de ce calibre. J’ai commencé à bouger les bras tranquillement, à battre des jambes mais surtout à constater la beauté du monde qui se trouvait autour de moi. C’était magnifique : des coraux de toutes les couleurs, des poissons aux formes étranges, une immensité bleue qui s’étendait à perte de vue sous mes yeux. Le courant était si fort que j’avais déjà parcouru près d’un kilomètre quand j’ai réalisé que je me déplaçais sans avoir à dépenser la moindre énergie.

Ma réserve d’oxygène était à moitié lorsque nous avons aperçu une tortue. Elle me semblait géante. Elle était aussi gracieuse et belle que dans les films documentaires ou que dans les comiques, je n’ai pas pu trancher. J’ai dû arrêter de respirer pendant quelques secondes pour la contempler car je me suis mise à étouffer. Respirer sous l’eau n’est pas naturel, il faut donc toujours penser à prendre son respir ce qui rend la tâche plus complexe lorsqu’on est déconcentré par quelque chose d’aussi impressionnant.

Nous avons essayé de l’approcher, sans toutefois la brusquer, afin de l’observer de plus près. Un autre plongeur qui était plus expérimenté avait une caméra et il m’a fait signe de me positionner derrière afin qu’il puisse prendre un cliché. Elle s’était arrêtée pour manger alors j’ai dû battre des pieds de toutes mes forces pour réussir à rester à sa hauteur. C’est à ce moment-là que j’ai fait l’erreur de descendre ma main trop basse, elle a accroché le fond de l’eau et du même coup un corail. Il faut préciser que le corail en question est un corail de feu, de couleur rouge sang (voir photo) et qu’il brûle la peau. Dans les trucs qu’on apprend à ne pas toucher en mer, il est le premier sur la liste. Il est très rare ce qui implique que j’étais, dans une certaine mesure, chanceuse il faut croire. Sur le moment, je n’ai rien senti mais après quelques secondes ma main s’est mise à chauffer et à enfler. Drôle de sentiment lorsqu’on est à 20 mètres sous la surface dans une eau relativement froide et que votre main vous brûle. Ma seule envie était de crier, hurler pour me débarrasser de cette douleur parce que comme tout le monde le sait, crier aide à diminuer la douleur. À la place, j’ai dû prendre mon mal en patience, garder mon détendeur dans ma bouche, continuer à respirer doucement et battre des jambes.

Nous avons poursuivi notre périple pendant quelques minutes encore, le temps d’observer des crustacés, une murène et surtout des requins de récifs qui ne sont pas dangereux pour l’homme mais qui font peur malgré tout. Nous avons finalement entamé notre ascension vers la surface doucement en effectué un arrêt préventif à 5 mètres pour éviter un barotraumatisme qui peut survenir lorsqu’un nageur remonte trop vite.

Arriver à la surface j’ai enlevé mon masque. Ma face me faisait terriblement mal car j’avais oublié de souffler dans mon masque pour égaliser la pression. Ma main brûlait toujours autant mais le sentiment que je ressentais était extatique. Je me sentais aussi puissante que la mer. J’étais en amour avec la mer.

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