Pour ou contre?

Étant depuis peu de retour sur les bancs d’école, question d’ajouter un peu de stress à ma routine quotidienne déjà bien chargée, je me retrouve en plein feu de l’action étudiante avec la grève contre la hausse des frais de scolarité. Pour être franche, je me suis demandée pendant longtemps si j’étais « pour » ou « contre » cette grève qui est, semble toute, notre seule moyen en tant que simple citoyen ou étudiant de manifester notre désaccord. Après tout, cette grève, qui sévit déjà depuis plusieurs semaines, est peut-être notre dernière chance pour éviter de nous transformer en grosse citrouille ou en véritable « province of Canada ».

On entend toute sorte de chose à propos de la grève et j’ai essayé de me faire une opinion juste et objective sur la question. À vrai dire, j’étais pas mal ambivalente sur le sujet jusqu’à la semaine dernière, quand je me suis mise à me poser les vraies questions et à me demander quelles étaient mes valeurs. Est-ce qu’on veut que notre gouvernement investisse dans le Plan Nord, dans les grandes entreprises, dans les fonds de retraite de leurs fonctionnaires ou on veut qu’il investisse dans l’éducation? Est-ce qu’on veut continuer à encourager les écarts entre les classes ou est-ce qu’on veut l’égalité d’accès à l’université pour tous les citoyens de notre nation?

J’en suis donc venue à une conclusion: qu’il ne faut pas que les frais de scolarité augmentent, du moins pas plus drastiquement que l’inflation du coût de la vie lui-même. Un des points forts des « pros-haussistes » est qu’il faut rattraper notre retard par rapport aux autres provinces canadiennes. Je dis que c’est de la foutaise parce que nous payons plus de taxes et plus d’impôts et, de toute façon, nous n’avons jamais voulu nous comparer aux autres provinces du Canada, pourquoi commencer maintenant?

Voulons-nous en tant que société diminuer les chances d’accès à l’université aux moins fortunés en augmentant les frais de scolarité? Ne me dites-pas que vous croyez encore qu’une augmentation des frais de scolarité n’aura aucune incidence sur l’accessibilité à l’éducation parce que des études ont démontré que partout où des hausses de frais de scolarité ont été observées, il y a eu une diminution du nombre d’étudiants, notamment dans les classes les plus défavorisées.

Certaines personnes « contre » la grève m’ont dit que les personnes « pour » n’étaient que des hippies qui étudiaient dans des programmes avec peu de perspectives d’emplois et que c’était pour cette raison qu’ils chialaient. Mais quelle stupidité et ignorance! Tous ceux que je connais qui sont « pour » la grève ont étudiés ou étudient dans des programmes aussi en demande que les sciences et génies et même en médecine. Je ne crois pas qu’ils vont avoir de la misère à se placer en sortant de leurs études… ils ont juste une tête sur les épaules et sont concernés par les vrais enjeux de cette problématique. J’irais même jusqu’à dire qu’ils sont altruistes et qu’ils ont une conscience sociale en voulant revendiquer les droits des générations futures.

Lorsque j’entends des stupidités de la part des « pros-haussiste » du genre : notre système d’éducation va s’améliorer avec l’augmentation des frais de scolarité, on va devenir compétitif à l’international, j’ai juste envie de leur répondre : aller lire les statistiques, vous allez constater qu’une université n’a pas besoin d’être payante pour être compétitive sur le plan international. En effet, toutes les universités danoises (qui sont pourtant gratuites) se retrouvent sur le palmarès des meilleures universités du monde en termes de citations de recherche. Dans le fond, j’en comprends que c’est un choix de société, de décider où vont nos impôts et nos taxes!

Et cessons de penser que les prêts et bourses vont tout régler. La majorité des étudiants n’ont pas accès à cette aide financière et la classe moyenne, qui regroupe la majorité des étudiants, n’aura pas plus de bourses mais seulement plus de prêts ce qui implique un endettement supplémentaire ou tout simplement plus d’heures de travail aux dépends de leurs études pour ces laissés-pour-compte.

Cependant, je dois avouer que je suis viscéralement contre les actions désorganisées menées par des simples d’esprits qui font perdre de la crédibilité à notre mouvement qui nous est si cher. Je pense notamment à ceux et celles qui ont bloqués l’accès à l’édifice Price dans le but de prendre un café avec le premier ministre… ou à celle qui s’est promené les seins nus pendant la manifestation du 22 mars afin, selon les écrits sur sa poitrine, d’attirer l’attention pour les négociations.

L’augmentation des frais de scolarité c’est encore une autre belle façon pour notre merveilleux gouvernement d’écraser les plus faibles, ceux qui n’ont pas encore de pouvoir, plutôt que de s’attaquer aux industries multimilliardaires qui s’enrichissent sur notre dos. Pour ma part, je serai à peine toucher par cette augmentation, ce n’est donc pas pour ma petite personne que je veux m’affirmer mais bien pour les générations futures, pour leur montrer où étaient nos valeurs de société à l’aube du 21e siècle. Continuons de montrer notre désaccord tout en gardant une certaine crédibilité, nous aurons certainement de quoi être fiers, peu importe l’issu de ce débat.

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