En 2001, lorsque les attentats de New York ont eu lieu, mon frère, qui était un personnage plus coloré que nature, pleurait seul devant la télévision dans le sous-sol chez mes parents. À cette époque, il avait 26 ans. Il disait que l’humanité venait de tourner une page sombre de son histoire, que nous étions à l’aube de la troisième guerre mondiale. Nous étions à la croisée des chemins. Il disait qu’avec son âme d’artiste, il pouvait ressentir la douleur du monde. Il disait que ces attentats n’étaient que le début d’une longue déchéance vers les enfers. Il avait peur de ce que l’avenir nous réservait. Il n’avait pas si tort.
Je me demande comment il réagirait aujourd’hui, quatorze ans plus tard, s’il était encore en vie, par rapport à la tragédie de Paris. Il serait probablement dévasté, anéanti de constater que c’est vrai que l’humanité a pris un mauvais virage. Peut-être que la troisième guerre mondiale n’est pas encore à nos portes, mais c’est vrai que le monde ne se porte pas très bien. En éliminant Ben Laden, on a coupé une tête, mais on est loin d’avoir sauvé le monde occidental des méchants terroristes. D’autres têtes ont poussé. Quelque chose s’est enclenché, et malheureusement, il semblerait que ce soit difficile de l’arrêter.
Certes, nous vivons à une époque où les horreurs sont partout dans le monde. Ce n’est pas qu’à Paris que les choses vont mal, c’est un phénomène généralisé un peu partout dans le monde. Que ce soit en Syrie, ou bien en RDC, le portrait actuel de l’humanité n’est pas très reluisant. Par contre, Paris, tout comme New York, sont des symboles des sociétés développés. Il s’agit d’attaques directes sur des civils, dans des territoires qui ne sont pas en guerre, par des gens de la place.
J’aimerais pouvoir dire un jour à mes filles que la paix sur terre n’est pas qu’un rêve, qu’elles seront toujours en sécurité, que la xénophobie et la haine sont chose du passé. Malheureusement, en ce moment, j’ai peur. J’ai peur que ce jour ne vienne jamais. J’ai peur qu’elles grandissent dans un monde moins beau que celui que j’ai connu jusqu’à maintenant. J’ai peur que l’amour ne soit plus assez fort pour surmonter le racisme, la haine et tous les autres fléaux de l’humanité.

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